Foi et Constitution au 75e anniversaire – Lausanne 25 Août 02 Un point de vue orthodoxe

Dans plusieurs milieux ecclésiastiques, tant protestants qu’orthodoxes, on a l’impression que le mouvement œcuménique contemporain a émergé du protestantisme, comme une réponse aux problèmes existentiels des Églises issues de la Réforme. Ainsi, de nombreux orthodoxes s’interrogent sur la signification de la présence orthodoxe dans le mouvement œcuménique, tandis que plusieurs protestants considèrent les orthodoxes comme un corps étranger appartenant à un autre monde et a une autre culture, insensibles aux préoccupations du mouvement œcuménique et constituant très souvent un obstacle à la marche vers l’unité chrétienne.

Qu’en est-il véritablement ?

 

Participation orthodoxe au mouvement œcuménique –

bref historique

Comme l’affirmait le regretté W.A. Visser’t Hooft, par l’Encyclique de 1920 «Constantinople sonnait le rassemblement» et interpellait toutes les Eglises à ne plus se considérer comme étrangères, mais à s’accepter mutuellement comme de proches parents appartenant au Christ, à la même famille; comme des cohéritiers, membres d’un seul corps, participant a la même promesse en Jésus Christ.

Il est indéniable que l’histoire du mouvement œcuménique et du Conseil œcuménique des Eglises (COE), tout particulièrement, est étroitement liée avec l’Eglise orthodoxe.

Le Patriarcat œcuménique de Constantinople, en l’occurrence, avait, en 1920 déjà, lancé officiellement l’idée de l’institution d’une «Ligue des Eglises» à l’exemple de la «Société des Nations» qui venait de se créer à Genève.

En effet, cette Encyclique rappelait à la chrétienté qu’elle désobéirait a la volonté de son Maître et Sauveur si elle ne cherchait pas a manifester, dans le monde, l’unité du peuple de Dieu et l’unité du Corps de Christ.

Des pionniers du COE

Dans les années qui suivirent, la  quasi-totalité des Eglises orthodoxes locales, à l’exception de l’Eglise orthodoxe de Russie en lutte pour sa survie à la suite de la Révolution d’Octobre, et y compris celle d’Albanie, ont participé activement aux deux courants parallèles du mouvement œcuménique, c’est-à-dire :

à «Foi et Constitution» et à «Vie et Action».

Avec les anglicans, les vieux-catholiques et les Eglises issues de la Réforme,

elles ont pris part à la décision de créer un «Conseil œcuménique des Eglises» en intégrant ces deux mouvements.

C’est un fait que, pour des raisons d’ordre plutôt socio-politique qu’ecclésiastico-théologique, il n’y eut que trois Eglises orthodoxes présentes lors de l’Assemblée inaugurale d’Amsterdam en 1948, en l’occurrence Constantinople, Chypre et la Grèce.

Pourtant les difficultés se dissipèrent peu à peu, et le reste de l’Orthodoxie adhéra au COE entre 1961 et 1965.

«La participation orthodoxe au mouvement œcuménique ne va aucunement

à l’encontre de la nature de l’histoire de l’Eglise orthodoxe.  Elle constitue l’expression conséquente de la foi apostolique dans des conditions historiques nouvelles et face à de nouvelles exigences existentielles», ainsi que l’a affirmé la troisième Conférence panorthodoxe préconciliaire, en novembre1986, à Chambésy.

C’est dans cet esprit que les Eglises orthodoxes participent au mouvement œcuménique et à ses instruments institutionnels tels que le COE, la Conférence des Eglises européennes (KEK) ou les différents Conseils œcuméniques nationaux ou régionaux. Et ceci, malgré les difficultés évidentes qui surgissent dans le cheminement du mouvement œcuménique.

Rencontre de l’Orient et de l’Occident

En ce qui concerne la présence orthodoxe au sein du COE en particulier, il faut souligner que, sans une participation active des orthodoxes, celui-ci serait tout simplement une organisation inter-confessionnelle de caractère expressément occidental, entièrement étrangère à la théologie et à la problématique orientales et, par conséquent, très peu représentative d’un esprit véritablement œcuménique.

Cette présence a sans doute contribué à écarter plusieurs malentendus et de

tristes héritages du passé, en permettant au Conseil de suivre son chemin, non pas comme un instrument d’une traction seulement du christianisme occidental, mais comme une expression authentique des efforts de l’Orient orthodoxe et de l’Occident protestant à la recherche de l’unité chrétienne.

Il va de soi que la participation catholique-romaine, surtout dans le cadre de «Foi et Constitution», donne aux efforts déployés, depuis le début, par les orthodoxes et les protestants une dynamique et un poids particuliers.

Certes, la présence des orthodoxes au COE n’est pas toujours facile, ni pour

les Eglises orthodoxes, ni pour le COE et ses membres non orthodoxes. La spécificité de l’ecclésiologie et de la théologie orthodoxes et la vision orthodoxe du monde constituent, souvent, des facteurs qui donnent l’impression que les orthodoxes se trouvent en marge des activités du COE.

 

Vers l’unité des chrétiens

L’Eglise orthodoxe croit fermement que la foi chrétienne constitue une unité indivisible. Par conséquent, les doctrines formulées par les différents Conciles œcuméniques, ainsi que la foi exprimée par l’Eglise indivise, sont les conditions préalables indispensables à l’unité de l’Eglise. Car il est inconcevable d’accepter des doctrines isolées de la vie, du témoignage et de l’expérience de l’Eglise primitive.

En ce sens, la présence orthodoxe au COE, à la KEK, comme à toute autre

organisation œcuménique, est de rappeler qu’au-delà de toute action et de tout témoignage communs imposés aux Eglises par la société d’aujourd’hui, l’objectif principal de la recherche œcuménique est la redécouverte de la tradition chrétienne.

En d’autres termes, il faut que nous soyons engagés dans un «œcuménisme dans le temps» et non dans un œcuménisme seulement «dans l’espace». Car la base commune de toutes les dénominations chrétiennes d’aujourd’hui se trouve et doit être recherchée dans le passé, dans leur histoire commune, dans la tradition apostolique de laquelle découle leur existence.

Telle était déjà la position des orthodoxes à la Conférence de «Foi et Constitution» de Lausanne, en 1927. Et il me semble que les orthodoxes n’ont guère changé leur position.

Une telle attitude pourrait éventuellement choquer le partenaire œcuménique

d’aujourd’hui, habitué au fil des années à plus de souplesse. Néanmoins, l’œcuménisme ne devrait pas être confondu avec un relativisme doctrinal. Car, comme Visser’t Hooft nous le rappelait pertinemment: «Un dialogue œcuménique qui, pour des raisons de politesse ou d’opportunisme, voile les vrais problèmes, fait plus de mal que de bien. Nous avons besoin d’un œcuménisme maximal dans lequel chaque Eglise amène la plénitude de sa conviction, et non pas d’un œcuménisme minimal qui n’apporte qu’un faible dénominateur commun.»

Inutile donc de souligner que les orthodoxes se sont réjouis de l’étude sur la Foi apostolique, entreprise par «Foi et Constitution».

Elle constitue certainement non seulement une occasion unique d’approfondir les aspects fondamentaux de la Foi de l’Eglise pendant des siècles, mais aussi nous permet de définir comment cette Foi, transmise par les Apôtres à l’Eglise indivise, pourrait être interprétée aujourd’hui, face aux problèmes du monde contemporain.

 


 

 

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