SINODUL VII ECUMENIC – 787 ,,L’ICONE AU DEUXIÈME CONCILE DE NICÉE 787″, L’ICÔNE, UN REGARD SUR DIEU

 L’ICÔNE, UN REGARD SUR DIEU

  1. Tout «étranger» qui entre dans une église orthodoxe constate que les icônes y occupent une place prépondérante. Tout Orthodoxe sait que l’icône joue un rôle essentiel dans la vie de l’Eglise et donc dans la vie chrétienne. Il n’est donc pas inutile de faire quelques réflexions à ce sujet, ne serait-ce que pour dissiper des malentendus.

L’homme moderne est submergé par les images: télévision, publicité, magazines, bandes dessinées… Dans cette «civilisation de l’image”, l’icône serait-elle une image parmi d’autres, un «média» distinct simplement par sa prétention à dévoiler un autre monde, une sorte de sainte «B.D.-fiction»?

Si l’omniprésence de l’image a

pour effet de nous «divertir» et de nous subjuguer, l’icône participerait-elle à cette entreprise d’aliénation en nous introduisant dans un monde d’espérance, sinon d’illusion?

UN AUTRE REGARD

Pour contempler l’icône, il faut

purifier son regard, le dépoussiérer, le dégager des habitudes.

L’icône est une condensation de la Présence divine. Cette combinaison de matériaux, de lignes et de couleurs, résultant non seulement du talent, mais surtout de la prière et de l’ascèse du peintre, fidèle à la Tradition, est pénétrée par les

énergies divines: l’icône devient

un chemin entre Dieu et l’homme.

Un va-et-vient s’instaure entre elle et mon regard et m’arrache à mon auto-suffisance en m’introduisant dans la familiarité du Tout-Autre.

Mais en même temps, l’icône est tournée vers moi et me fait participer à sa réalité pour que je puisse intérioriser ce que mes yeux saisissent. En contemplant l’icône, on est saisi par la forte impression qu’elle est tournée vers nous, qu’elle vient vers nous. C’est le sens d’une technique particulière, présente aussi dans la peinture romane, la perspective inversée, où les lignes, au lieu de fuir vers un au-delà du tableau, comme dans la perspective traditionnelle, convergent vers celui qui regarde.

L’icône ne chasse pas le regard vers un ailleurs, mais établit un dialogue, un échange amoureux où le regard va de l’Aimé à l’aimé.

Il ne sert à rien de contempler les réalités divines si ces réalités ne font pas corps avec ma vie. Ainsi, je ne suis pas dépossédé de moi, comme dans une extase qui m’arracherait à moi, mais je me réapproprie ce qui fonde mon être.

«L’homme est un animal appelé à devenir Dieu», disent les Pères de l’Eglise.

On ne peut pas isoler une icône de l’ensemble des icônes. Formant un ensemble cohérent, les icônes agissent non seulement comme un signe ou symbole qui renvoie à autre chose, mais comme la proclamation d’une présence. L’icône affirme la présence de Dieu qui «a planté sa tente parmi nous», selon la riche formule de l’Evangile de Jean. Là se trouve la justification ultime de l’icône. Ce n’est pas un procédé pour instruire ou séduire ou fasciner la sensibilité humaine. Ce n’est pas une «bande dessinée» qui raconterait l’Histoire sainte, ni même un catéchisme en images.

L’icône est légitime parce que Dieu est devenu homme en Jésus, qu’il est entré en notre chair, en notre matière. Par l’Incarnation, la matière a été «baptisée», elle redevient capable de porter et de dire la présence divine. Les interdits de l’Ancien Testament — «Tu ne feras aucune image…» — sont balayés par la nouveauté radicale de l’événement Jésus, Dieu-Homme.

Ainsi, malgré le talent personnel de l’iconographe, l’icône n’est pas le témoignage individuel d’un artiste qui aurait pressenti quelque chose de l’éternel. Elle est la proclamation de ce pourquoi l’Eglise existe: annoncer à tout homme la bonne nouvelle du Salut. Au même titre que l’Ecriture, porteuse de la Parole divine, l’icône est dépositaire du Verbe vivant de Dieu. Dans l’Eglise orthodoxe, l’icône prend sa place dans la Liturgie, comme l’Evangéliaire.

Comme lui, elle est vénérée, encensée, puisque comme lui elle annonce le Salut. De la Liturgie de la Parole et de la Liturgie eucharistique, l’icône reçoit une valeur sacramentelle, si le sacrement est, comme le disent les Pères de l’Eglise, le lieu de la rencontre entre Dieu et I’ homme.

 

VENEZ ET VOYEZ!

«Ecoutez et comprenez», dit l’Evangile. «Venez et voyez», dit l’icône. L’icône ne nous présente pas un monde clos, auquel nous serions étrangers. Elle nous invite à entrer dans le mystère de la sainteté et de l’intimité divine. La valeur symbolique de l’icône est une force d’unification. Elle manifeste concrètement l’union en Jésus de la divinité et de l’humanité; elle nous invite à accueillir, dans la foi, la grâce de contempler Dieu. L’icône ne  montre jamais le Père, puisque «Dieu, nul ne l’a jamais contemplé». Mais, dans son icône, Jésus le révèle, selon ce qu’il dit à Philippe: «Celui qui m’a vu a vu le Père». Le réalisme sacramentel de l’icône ne fait que réaffirmer la foi des Apôtres: «/Vous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts…»Comme eux, nous sommes témoins du Christ ressuscité.

Plus que toute autre, l’icône célèbre de la Trinité de saint André Roublev, signifie cette invitation à entrer dans l’intimité divine.Autour de la Table, il y a trois anges, messagers et figures de la Trinité. Mais le quatrième côté de la table reste ouvert, accueillant. C’est la place de l’homme, notre place au festin nuptial. La Trinité n’est pas un monde clos.

Dans la danse d’amour que suggère la composition circulaire et dynamique de l’icône, l’homme est invité à pénétrer. Nous avons part à la table de Dieu. Mais si l’icône purifie notre regard sur Dieu, elle en fait de même — ou devrait faire de même — pour notre regard sur l’homme. Au commencement, Dieu a créé l’homme «à son image et ressemblance». Par l’incarnation, Dieu devient à l’image de l’homme. Cet admirable échange explique que les icônes nous montrent aussi les saints, ces amis de Dieu entrés définitivement  dans  l’intimité divine. Le visage humain de Dieu en Jésus et le visage transfiguré, déifié des saints est l’image de l’union à laquelle tout homme est appelé. L’icône nous invite ainsi à regarder l’autre autrement, à discerner en tout homme rencontré le reflet de cette vocation extraordinaire: devenir un saint. Comment serait-il encore possible de jeter sur l’homme un regard demépris, un regard homicide, alors que nous le voyons déjà tel qu’il sera lorsqu’il verra Dieu face à face?

La vérité de l’icône, pour autant qu’elle devienne part vivante de ma vie, est de me conduire à la conversion. On pense à l’expérience de Paul sur le chemin de Damas et au message d’Ananias: «Celui qui m’envoie, c’est le Seigneur, ce Jésus qui t’est apparu sur ton chemin, afin que tu recouvres la vue et sois rempli de l’Esprit saint. Aussitôt il lui tomba des yeux comme des écailles et il recouvra la vue».

Comme à la fin de la Liturgie orthodoxe, le fidèle peut chanter:

„Nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la foi véritable, nous adorons l’indivisible Trinité, car c’est elle qui nous a sauvés».

L’ICONE AU DEUXIÈME CONCILE DE NICÉE  787

«Nous marchons sur la voie royale en suivant le divin enseignement de nos saints pères et la tradition de l’Eglise catholique: car nous savons Que cette tradition vient du Saint Esprit qui habite en elle. Semblable lient à la Croix, il faut vouer à Dieu les saintes et vénérables icônes, que ce soit dans les saintes églises de Dieu, sur les ustensiles et les vêtements sacrés, sur les murs et les planches de bois, ou dans les maisons et sur les chemins. Et aussi bien les icônes de notre Seigneur, de la Mère de Dieu, des anges et de tous les saints. Plus souvent on regardera ces représentations imagées, plus ceux qui les contempleront seront amenés à se souvenir des modèles, à se porter vers eux, à leur témoigner, en les baisant, une vénération respectueuse, sans que ce soit une adoration véritable qui, selon notre foi, ne convient qu’à Dieu. Mais comme on le lait pour l’image de la Croix, pour les saints Evangiles et pour les autres choses sacrées, on offrira de l’encens et des lumières en leur honneur, selon la pieuse coutume des anciens. Car l’honneur rendu à une icône remonte à l’original. Quiconque vénère donc une icône, vénère en elle la personne de celui qui y est représenté».

(Définition de Nicée II, 13 octobre 787) Archiprêtre Adrian Diaconu, Eglise orthodoxe roumaine, Lausanne

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